Un poème qui me vient sans cesse. Comme un ressac de ma conscience... Un poème qui conte la mort et la souffrance, un poème pour raconter la beauté de la vie en vous faisant voir dans la mort sa misère... Un poème d'espoir et de remord qui dans la joie et la musique nous fait voir... Je ne sais guère ce qu'il y a dans ce poème, je n'en connais pas les rimes ou les mots fort, j'ignore les paroles et les virgules, m'est inconnue sa longueur et son temps... Mais je sais qu'il existe, quelque part en moi, ce poème de vie et de mort, d'espoir et d'abandon, de joie et de souffrance... Un poème où chacun mettrait dans chaque rime, ce qu'il peux y mettre... Un poème où toi qui souffre tu y retrouverais la joie, un poème où toi qui est heureux tu comprendrais cette souffrance, un poème où toi qui as perdu la couleur de ta vie tu reprendrais espoir... Ce poème, un jour, un instant, une seconde, je crois le saisir, je crois le sentir, je crois l'écrire... Mais toujours il m'échappe, se glisse entre mes doigts, coule de mes veines sans s'arrêter dans mes yeux... Je n'en connais qu'une seule et unique chose... Je connais son titre...
Il s'appelle...
Vivre
mardi 16 octobre 2007
En profondeur...
Ecrit par
Eleken
à
23:13
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
L'oiseau et le vent...
Mon coeur à l'auraison,
D'un tsunami de passion,
Déchire mon âme de battement,
Emplissant ma poitrine d'enfant.
Je scrute le ciel ce matin,
Y cherchant de bons présages,
Mais nul message dans les nuages,
Je m'en remet à Dieu, à sa main.
Ecrit par
Eleken
à
07:10
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
dimanche 14 octobre 2007
Un chat qui pense...
Bon c'est un petit essai tranquille (et vite fait) de scénarisation (un peu) de mon personnage, inspiré par une petite histoire (...) qui m'avait beaucoup plut :o).
Les textes (car sur cette version, ce n'est pas très lisible) sont :
"Parfois je vais m'allonger au soleil avec un bon livre..."
"Mais je ne lis jamais..."
"Je rêve..."
"En regardant les nuages dans le ciel..."
"Je me demande si..."
"... Les poissons du ciel sont à l'école..."
"Quand il ne pleut pas"
--- Eleken,
Dans le semaine je prendrais le temps
de le mettre au propre et en couleur je pense :o)
Ecrit par
Eleken
à
12:55
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Dessins
samedi 13 octobre 2007
Le truc du jour à voir quand même...
C'est rare, mais pour une fois je vais faire un post "blog", c'est-à-dire vous faire partager un truc que j'ai découvert aujourd'hui sur le net (au travers d'un article de 20minutes.fr) ... Faut dire que c'est tellement "osé" :op, c'était pas possible que je file pas le lien (personnellement si je dois me faire un tatouage, j'éviterais ce genre là)
Ecrit par
Eleken
à
17:08
1 petit(s) mot(s)
Catégorie : divers
vendredi 12 octobre 2007
...
Ce soir sans te retourner,
Tu as tendu vers moi ton bras,
Me saluant de tout en bas,
Me souriant par la pensée.
Un jour qui fut serein,
Où j'ai été récompensé,
De sourires qui m'ont caressé
De regards, d'amitié, empreints.
Ecrit par
Eleken
à
17:51
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : non-dits
mercredi 10 octobre 2007
Glacé et sombre...
Ce soir il fait froid,
Et en moi la mélancolie fait loi,
Je me sens ici bien seul,
Avec sur le visage ce linceul.
J'ai attendu dans le silence,
Un murmure, une sentence,
Mais rien ne vient que le néant,
Pire que la mort, cela me fend.
Ecrit par
Eleken
à
21:52
3
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
C'est à genou que je te supplie...
A quoi m'a t-il servi, hier soir, ce matin, en cet instant de pleurer... Non pas comme un enfant qui a mal, mais comme un homme détruit... Je ne ressens aucun espoir, mon âme brûle, mon esprit s'empêtre dans des discours horribles et néfaste... Ma vie n'a aucun intérêt à mes yeux... Et pourquoi cela... Parce qu'un rêve est revenu de ses cendres... Ce n'est pas moi qui avait allumé le bûcher, c'est peut-être moi qui l'avait fait survivre... Je ne sais même pas. Je me sens perdu, agonissant de mes brûlures, je pleure et je gémis, priant pour que tu viennes me sauver... Mais tu ne viens pas. Tu reste là, juste au bord de la fosse, détournant le regard, ne voulant me voir mourir... Tes yeux que j'aime et qui m'ont toujours apporté le réconfort... J'en suis privé... Alors oui, ce n'est pas facile de faire le choix que j'ai fait, j'ai sacrifié tout ce qui était moi dans ce but... Alors ce n'est pas simple comme un "au-revoir"... Je suis là, je frémis, j'ai froid, je tremble, plus des secousses des larmes qui coulent devant mes yeux, me cachant cet écran... Trois petits points qui ont tout signifié dans ma vie, trois petites heures qui m'apportaient tout dans l'existence... Je suis abandonné et laissé aux corbeaux... Est-ce si facile de fermer les yeux pendant que je cherche ton regard ? Est-ce si facile de ne pas entendre mes supplications ? Est-ce si facile de me laisser comme ça ? Je ne crois pas... Et j'espère que tu le vois, que tu m'entends... Mais pourquoi alors ? Chacun de mes muscles me brûlent de fatigue, chacun de mes yeux pleurent et me piquent... Mon esprit est là, qui tape sur ses lignes, ma souffrance est là, comme sa ponctuation... Que faut-il que je fasse ? Que faut-il que je dise ? Faut-il que je me mette à genoux ? Faut-il que je supplie ? Ce rêve qui est vivant, je souffre à nouveau l'enfer de le perdre... Je ne sais même pas ce que j'écris, c'est complètement nul, c'est trop loin de ce que je pense... Trop de reproches, trop d'accroches... Pas assez de sentiment... Je n'arrive pas à dire ce que j'aimerais dire... Peut-être parce que tu me l'as interdit... J'ai mal, ô mon Dieu comme j'ai mal... Attendre, toujours attendre, souffrir, encore souffrir... J'ai un rêve, que je n'ai jamais oublié, malgré la tempête et le froid, j'ai continué de rêver...
Ecrit par
Eleken
à
09:27
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
mardi 9 octobre 2007
Perdu et éblouis
Le temps passe sur mon visage,
Y creusant rides et ridules,
Dans mon esprit les idées pullules,
Pour mon âme un bon présage.
Je plie les yeux dans la lumière,
Éclatante face au soleil,
J'aimerais sentir sa chaleur,
Goûter un peu de ta douceur.
Ecrit par
Eleken
à
17:53
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
Ce soir 0:00
Je cherche à écrire, je cherche à parler, mais comme la carpe je suis muet... Pourquoi ? Comprendre, c'est important, savoir, voir, entendre, sentir, ressentir sont primordial... Je suis là ce soir, écoutant ce morceau absolument transcendant qu'est le live de I wish I had an Angel, et je rêve, je rêve que les temps changent... Je rêve de te voir revenir... Un mail arrive, tiens le Point Noir vient à l'instant d'être accepté par Alexandrie.org, voilà une nouvelle qu'elle est agréable... Qui sait, peut-être le début pour moi de la reconnaissance... Mais seul ? Seigneur, je ne voulais pas cela, je voudrais partager avec toi tout ceci... Je me fais violence pour ne pas me laisser entraîner dans la mélancolie... Tout ce temps... Tout cela, je l'ai fait pour toi, je l'ai écrit pour toi. Depuis longtemps, depuis très longtemps, je l'ai fait pour toi... Toi, mon inspiration... Mais aujourd'hui, ici, tu n'es plus là, guidant ma plume... De ma main, tu as privé, le destin, l'écrit, la continuité... Je me sens comme un handicapé, ma main, flasque, pendant au bout de mon bras comme un morceau de chair morte... Amorphe... Je cherche, je dicte, je m'insurge, je hurle contre cette langueur qui me prend, qui me serre, qui m'étouffe... Je dois me battre... S'il y a bien quelque chose que tu m'as appris, c'est à me battre... Paradoxale dis-tu ? Vraiment ? Je me bats, pour mes mots, pour les tiens, pour les nôtres... Est-ce un crime de chercher à protéger ce qui m'est cher ? Je ne crois pas... Tu m'as toujours dit de me battre, malgré l'absence ou le sentiment d'abandon, me battre contre le laisser aller... Me battre pour écrire, pour écrire... Non pas pour produire, mais me battre pour libérer, me battre pour rêver... Me battre pour écrire... Pour imaginer... Non ce n'est pas vraiment cela...
Oui, je crois plutôt que c'est pour cela... Oui... Je dois me battre... Pour grandir... Je dois me battre pour exister... Je dois écrire cet multitude, je dois frotter le feutre sur la page, dans une courbe, extrayant de chaque mot sa sensualité, son pouvoir, sa douleur, y ajoutant mes sentiments, mes ressentis, mes rêves et mes espoirs... Oui, je dois l'écrire... Simplement...
Être
Ecrit par
Eleken
à
00:00
1 petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
lundi 8 octobre 2007
A la recherche de l'expression juste
Beaucoup de mots écrit,
beaucoup de supprimé,
Je cherche le mot juste,
Mais je n'en trouve pas,
Pour exprimer ce que je ressens ce matin,
Sinon de le dire avec des mots d'enfants,
Avec une grande simplicité,
Avec une franchise et une honnêté incontestable,
Ce qui suit sans dire le contraire de ma pensée,
Mais en la démultipliant un millier de fois,
Peut-être comprendras-tu ce qui, ce matin, m'a poussé,
A essayer tout bonnement de te parler...
"J'ai mal."
Ecrit par
Eleken
à
10:20
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
dimanche 7 octobre 2007
La nouvelle pub pour Sidaction
Dans cette pub j'aime tout, le message, l'ambiance, les couleurs... Mais pourquoi j'ai pas eu cette idée avant eux :oP
--- Eleken,
Rien de vaut l'abstinence ;o)
Ecrit par
Eleken
à
15:06
1 petit(s) mot(s)
Catégorie : divers
Feu et aveugle...
Le soleil s'est couché,
Sur une montagne dévastée,
Je n'ai pas pu te secourir,
Pour toi je crains le pire.
Je traverse la nuit,
Derrière moi le temps s'enfuit,
J'espère te retrouver,
En escaladant l'autre côté.
Ecrit par
Eleken
à
02:47
2
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
samedi 6 octobre 2007
Esprit et espoir...
Je regarde le ciel,
Et je n'en vois pas la couleur,
Je regarde le soleil,
Et je n'en sens pas la douceur.
Tel le spectre entre ces murs,
J'erre sans but, sans un murmure,
Je dois me battre pour une victoire,
Mais il faudrait encore que je puisse y croire.
Ecrit par
Eleken
à
14:05
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
vendredi 5 octobre 2007
Ignorance et soufrance...
Je suis rejeté,
Au buisson épinglé,
Des épines dans ma peau,
Font de mon sang un ruisseau.
J'étais là pour l'avenir,
Malgré la pluie et le froid,
Sans un manteau pour me vêtir,
Je suis revenu pour toi.
Ecrit par
Eleken
à
17:55
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
Dans la nuit...
Si j’avais pu marcher… Mais je ne pouvais que me traîner, dans l’herbe humide d’abord, puis maintenant, plus profondément dans les bois, sur l’humus et les feuilles mortes qui me collaient aux mains et au visage. Mes doigts écorchés, mes paumes déchirées, je continuais, ralentissant le moins possible, à ramper… A fuir. Mais à fuir quoi, je ne le savais même pas. Cela me poursuivait, inlassablement, depuis tout à l’heure.
J’avais dormi sous ma tente cette nuit, j’étais parti avec une amie, camper dans la forêt, prêt de la rivière, un endroit que je connaissais bien pour m’y être promené quelques fois. Je m’étais endormi rapidement, éreinté par notre journée de marche… Nous dormions chacun dans notre tente… Je faisais un rêve, un rêve où il était question de pancake ou quelque chose du genre, quand j’avais été réveillé par ses hurlements. Je m’étais extrait aussi rapidement que possible de mon sac de couchage et de ma tente, pour me retrouver face à un spectacle surréaliste… Dans la nuit, noire comme l’encre, les étoiles cachées par des nuages bas, la petite clairière où nous avions établis notre campement était ravagée… La tente de mon amie, en lambeaux, et ses hurlements, qui s’éloignaient dans la forêt accompagné des craquements sinistres de branches brisées, comme si un monstre imposant se déplaçait dans la forêt. Je n’ai pas réfléchis une seconde, je suis partis dans les bois, j’ai couru à sa rescousse… Et puis ce son immonde, le gargouillis d’une femme en train de se noyer dans son propre sang pendant qu’une bête féroce la dévore. Un monstre implacable. Je me suis arrêté, dans le noir, soudain tremblant de frayeur… J’avais froid et peur… Et mon amie se faisait dévorer à quelques mètres de là…
Et c’est le même sort qui m’attend maintenant, j’ai fait demi-tour, j’ai fuit sans me retourner… Mais une fois au campement, je me suis pris les pieds dans les reste de la tente… Je suis tombé, et mon genou a heurté une pierre saillante… Je saigne énormément, et je n’arrive plus à marcher… Et ce bruit de pas, lourd et implacable qui s’approche de moi…
Depuis je fuis…
Depuis je rampe…
Et la bête approche… Pour me prendre, me dévorer… La dernière chose que je verrai sera ses crocs ensanglantés des bouts de chairs de mon amie… Les branches derrière moi s’affaissent… Je ne peux retenir le hurlement qui emplit ma gorge, quand la bête immonde plonge ses yeux mortels dans les miens…
Ecrit par
Eleken
à
12:05
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
jeudi 4 octobre 2007
Un frère
Il y a en ces lieux un mystère, un secret, un drame, que le monde préfère oublier.
La lune est haute dans le ciel, rousse, elle m'observe.
En bas, sa surface miroite, m'écoute...
Comme un animal, il m'attend...
Je te sens, toi, monstre répugnant, quelque part.
Tu te cache sous la surface, mais tu me guettes.
Chaque nuit je vois tes yeux qui m'observe, dans l'obscurité tu m'espionnes,
Chaque nuit le froid me prends le ventre et je mon dos se couvre de sueur.
J'ai peur, toi, monstre, tu me fais peur... Mais je sais que tu es là, je sais où tu es,
Je sais que tu es prisonnier de cette surface.
Tu auras beau m'envoyer tout les cauchemars que tu veux,
Je reste ici, ton ennemie, ta soeur de malédiction...
Toi...
Toi mon jumeau qui repose au fond,
Toi qui attends ton heure...
Je viens mon frère... Je viens monstre... Je viens...
Te détruire.
---Eleken,
Que suis-je, qui suis-je,
Un individu bien singulier, bien peu compris,
Qui vit d'un espoir... Qui ose encore croire...
A des mots, je m'accroche, et un texte je tisse... :o)
Ecrit par
Eleken
à
23:42
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
Le mot est ?
Un mot sans cesse raisonne, dans ma tête, dans mon crâne, comme le fou il fanfaronne. Ce mot est une crisalyde. Comme la chenille, je fais ma mue, comme la chenille, je me transforme. Dans un carcan je m'enferme, je m'isole, je me m'exclue de ce monde qui nous entoure, qui nous détour... Ce mon qui me jauge et me maudit... Ce mot sans cesse frappe les paroi de mon esprit, hurle qu'on le libère... Il frappe et frappe encore, comme le serpent la souris, comme le lion la gazelle... Sournoisement ce mot guète, épies, mes moindres faits et gestes... Ce mot m'étouffe... Il faut qu'il sorte, sinon ce mot me tuera... Mon esprit est vrillé par la douleur, incapable de réfléchir, je frappe mon crâne contre les mur, je répand mon sang sur le sol... Il n'y a plus rien d'autre que je puisse briser dans mon appartement... Rien d'autre que moi... Et pourquoi ? Pourquoi !? Pour un mot, un maudit mot, qui dans mon esprit raisonne... Il faut que j'arrive à l'expulser, il faut que j'arrive à l'en sortir... Sinon il me tuera... A chaque fois que j'essaye de le prononcer, il m'échappe, il s'échappe et se cache et recommence à me torturer. Ce mot... Ce mot... Ce mot... Sort de ma tête... Je pleure maintenant... De douleur, de souffrance, d'impuissance... Torturé par un mot qui est en moi, par un moi qui ne veut pas quitter, un mot qui veut me tuer... Ce simple mot qui est... Ce mot qui... Ce mot est...
Ecrit par
Eleken
à
00:15
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes
mercredi 3 octobre 2007
Silence et bois sombres...
Je hurles ton nom,
Je lance sans cesse,
Des appels de détresse,
Mais seul le silence me répond.
Où es-tu donc partie,
Où t'es tu donc perdu,
A moi, tu n'es pas revenue,
Me laissant seul avec mon cri.
Ecrit par
Eleken
à
09:51
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
Obscurité et hiver...
J'ai froid, je frémis,
Mes pas se perdant dans la neige,
Je marche dans la nuit,
Solitaire, avec mon arpège.
Je suis rentré de cette bataille,
Et je ne t'ai pas retrouvé dans l'antre,
Depuis, ne peut me réchauffer, aucun âtre,
Je te cherche, où que j'aille...
Ecrit par
Eleken
à
07:53
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Poème
mardi 2 octobre 2007
Je ne sais pas pourquoi je suis venu ici.
Je ne sais pas pourquoi je suis venu ici.
Je ne savais pas. Au bord de cette falaise, cachée dans la forêt. Je venais parfois, en cachette, jouer ici, enfreignant l’interdiction de mes parents de venir jouer ici. Un accident est si vite arrivé.
Je ne sais pas pourquoi, j’étais à plusieurs centaines de kilomètres, quand je me suis réveillé… Il fallait que je vienne ici, ce lieu auquel je n’avais plus repensé depuis presque trente ans. J’ai pris ma voiture et j’ai roulé. J’ai roulé pendant des heures… Et me voici, admirant le scintillement du lac, en bas des rochers, sous la lumière de l’aurore. L’air est frais, la rosée mouille mes pieds… Je frissonne dans ma veste légère, mais c’est agréable… Je me sens bien… Et soudainement, je me rends compte que cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien. Je n’ai pas une vie bien passionnante, consultant en informatique, je passe mes journées à répondre à des questions sans intérêt. Je ne suis pas marié, ma dernière aventure remonte à il y a deux ans, la dernière fois que j’ai aimé… Seigneur, tellement longtemps maintenant…
Je ne sais pas pourquoi je suis venu ici, mais un bruit dans les fourrés me sort de mes pensées… Une biche vient de s’extraire du mur de pins drus qui me cache à route à quelques dizaines de mètres de là… Elle me regarde, elle a l’air aussi surprise que moi d’être là. Une de ses oreilles chasse un insecte invisible, à moins que cela ne soit que l’expression de sa peur… Mais non, la voilà qui avance, plongeant ses yeux amandes dans les miens. Elle s’approche de moi et du bord de la falaise. J’ai l’impression qu’elle me parle, elle a une voix très douce, mais je suis incapable de comprendre ses paroles… Son regard s’attriste… Et à l’instant où finalement je bouge, elle fait un bond en arrière, semblant apeurée… J’arrête mon geste, je n’ai pas envie de la voir partir, sa présence, sans savoir pourquoi, m’est réconfortante… C’est ma compagne en ces lieux, sans comprendre pourquoi cette idée s’impose à mon esprit.
Elle fait encore un pas en arrière, puis se retourne, pour faire face au précipice. Elle se rapproche et plonge ses yeux dans le lac plus bas… Elle l’observe, sans bouger, pendant de longues secondes… Puis, avec une lenteur surnaturelle, s’avance… Et plonge dans le vide…
Je ne peux détacher mes yeux de son corps chutant sur la dizaine de mètres qui nous sépare du plan d’eau. Elle fait un tour sur elle-même, quand son corps heurte les rocher, avant de disparaître dans le lac dans une haute gerbe liquide…
Je suis encore effaré par ce qui vient de se passer… Puis je tombe à genou, les larmes ruisselant sur mon visage… Et je prie, je prie pour l’âme de cet animal… Qu’il trouve le repos…
Je ne savais pas pourquoi j’étais venu ici…
Mais j’ai su à cet instant que j’étais venu ici pour cela… Pour l’assistée, pour l’accompagnée dans ses derniers instant. Pour être son témoin.
La fatigue tomba sur moi comme une chape de plomb. Je me suis allongé sur le sol pour m’endormir ici même, dans l’herbe fraîche, sous la chaleur du soleil naissant…
J’ai su à l’instant où je fermé les yeux, qu’un jour je reviendrai ici…
Et que j’aurais un témoin…
Ecrit par
Eleken
à
09:38
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : Mes textes