Il était penché par-dessus le gouffre. Sombre, fatal, morbide. Combien d'homme s'était jeté dans le vide, à cet endroit, avant lui ? Combien ? mille ? dix mille ? cent mille ? Comment le savoir. Verrais-t-il les rangées d'ossements avant de les percuter ? Est-ce là une information importante ? Quelque chose qu'il faut savoir ? "De toute façon, je ne pourrais pas leur dire" pensa-t-il pour clore le débat qui faisait rage dans son esprit. Il s'approcha encore, ses orteils dépassant dans le vide. Le vide... Comme son esprit, il se sentait vide de toute vie, de tout désire. Vivre ? Mais pourquoi voudrait-il encore vivre ? Il n'a jamais réussi
à construire une famille, les siens le renient comme un paria... Il est loin de tout et de tous. Et ce gouffre là. Ce gouffre qui porte un nom de mort et de noirceur. Le gouffre de ceux qui vont là où nul ne va. Il y est. Au bord du gouffre. Prêt à faire le saut qui scellera son existence. Il veut mourir. Même si profondément enfui sous la noirceur de sa résignation, il y a encore un maigre espoir qui survit dans le froid et l'obscurité. Il espère, que quelqu'un l'arrête, que quelqu'un vienne l'empêcher de sauter, l'empêcher de mourir. Mais il n'y a personne. Personne. Longtemps qu'il est là, au bord du gouffre. Longtemps qu'il étend ses bras vers l'infini de l'après. Il aimerait qu'une main forte se pose sur son épaule et le tire, mais il n'y a rien. Que verra-t-il dans la mort ? Il espère qu'il ne verra rien. Que c'est là, la vraie fin de sa vie ? Il implore son dieu que cela soit. Il ne veut plus agoniser à nouveau...
Ce don de sa vie, il le fait avec plaisir, avec soulagement. Tout à coup, c'est l'instant. Il est trop tard, le saut et déjà fait. Plus de retour en arrière possible. Plus de possibilité de survie. Plus de passé, plus d'avenir. Seulement cet instant présent, puissant, qui électrise chacun de ses muscles, qui fait exploser dans son âme la quintessence du désire de survie. Ses pieds quittent le sol rocheux. Son corps s'élance dans le vide. La lumière, le sol. Chaque parcelle de ce qu'il voit prendre une nouvelle dimension, chaque détail est plus profond. Il ressent la vie dans chaque être qui peuple le désert. Il ressent leurs esprits. Il les entends. Il tombe... L'obscurité le gagne, la vie le quitte, il l'a laissé aux êtres qui vivent. Il n'est plus que corps, son esprit s'est déjà libéré... La chute s'accélère... Il perd les détails, la lumière disparaît, la sensation de poids, du temps, de l'être... Il tombe mais ne tombe plus, il meurt mais ne meurt plus... Pendant cette seconde extatique, il est tout, il est rien...
lundi 10 mars 2008
Le sacre du néant
Ecrit par
Eleken
à
13:13
2
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Catégorie : Mes textes
jeudi 6 mars 2008
Essai flash
Un petit essai d'un chat réalisé sous flash... Le dessin animé un jour qui sait :op (quand je serai à la retraite j'aurais du temps de libre)
--- Eleken,
Fait mumuse avec sa table graphique et flash
Ecrit par
Eleken
à
21:40
0
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mardi 4 mars 2008
J'écris
Ecrit par
Eleken
à
09:42
0
petit(s) mot(s)
Catégorie : divers, Mes textes
dimanche 2 mars 2008
Le journal d'un fou 4 - La misère de cette existence est la seule chose qui me reste ?
Qu'est-ce que j'ai fait, au final, pour être ici, ici à nouveau, devant cet écran, le goût amer de la souffrance dans la bouche s'écoulant tel le fiel sur mon existence. Absolument rien de mal je le crois... Seulement voilà, il ne suffisait pas que j'y croive. Je suis si las d'écrire des insanités ce matin, si las de devoir encore me justifier, si fatigué de cette vie de souffrance et de tristesse que j'ai conçu et alimenté. Je suis si triste de faire encore du mal, de subir encore le mal, pour des choses passées, et pour d'autres qui n'ont jamais existées.
Toutes cette haine et cette colère qui me frappent comme autant de lances et détruisent le peu que j'avais réussi a reconstruir ces derniers mois. Je ne le méritais pas, non je ne méritais pas cette nouvelle punition, cette nouvelle colère, ce regain de haine contre moi... J'en souffre chaque seconde depuis hier, à nouveau incapable de me focaliser sur l'existence qui m'entoure, à nouveau plongé dans la folie et la détresse. Comme j'ai mal, c'est horrible... Je ne croyais pas, que j'aurais encore mal.... Je savais qu'à un instant, la haine resugirrait, pour m'éloigner, pour m'éliminer. Je me demandais chaque jour sous quelle forme elle reviendrait... Je ne m'attendais pas à ça, pas comme ça, pas avec ça.
C'est immonde de me dire que je ne suis plus libre d'écrire ce que je veux, que tout ce que je dis est contrôlé, disséqué et surtout... Corrompu. Comment vivre dans un monde où je n'ai que le droit de me taire ? Même ici, je suis pris au piège, incapable d'écrire plus avant ma souffrance, ma détresse ou ce que je ressens chaque jour.
Alors si c'est là mon dernier acte d'humanité, avant d'en finir avec mon existence, je vais ici et présentement me rebeller, refuser l'occlusion de mon esprit et me battre pour garder et reprendre la liberté que mes doigts soupir.
Je suis vraiment navré que tu ai pu interpréter quelque chose me concernant d'un manière aussi fausse et corrompue et par la même, je me sens méprisé dans ma propre innocence et honnêteté. J'étais venu ici pour revoir des amis, passer un moment agréable... Tout est détruit et bousillé. Et cela fait naître en moi de la colère et du désespoir. Je ne suis pas un imbécile et un monstre. Je ne sème pas... Bref, à quoi bon parler encore une fois... Je suis ridicule. Je me justifie ? Alors que je n'ai rien à justifier, puisque je n'ai commis aucun crime. Quelle est cette souffrance qui me brûle encore... Je veux plus vivre ça, je ne le peux plus. Comment pourrais-je le vivre encore ? Je n'ai commis aucun crime. Je suis INNOCENT... Mais je n'ai aucun jury pour m'écouter, je suis déjà condamné sans possibilité de rédemption d'une faute... D'une faute ? Mon Dieu... C'est ça une faute ? C'est ça la cause d'une colère et d'une agression si violence ? D'un mépris si grand ?
Je ne dois pas te jeter la pierre. Je m'en rends compte en écrivant ces lignes. Je sais ce que tu ressens. C'est cette même souffrance qui est la mienne. Tu te sens trahie et méprisée... Et en fonction de ça, tu as réagis avec une violence qui demandait à s'exprimer... Ce fut pareil pour moi à la lecture du résultat de cette violence et je suis tenté de supprimer à nouveau tout ce qui précède... Mais j'ai besoin de le dire, de te le dire... Je ne t'ai jamais méprisé ou agit dans le but d'apporter, de t'apporter, de la souffrance et de la peine... Seulement la vie est ainsi faite qu'elle ne ressemble pas du tout à celle que je souhaitais... C'est triste, ce résultat, cette existence... Je vais m'en aller, beaucoup plus vite que prévus je pense maintenant... Car je ne pourrais pas affronter tout ça encore une fois... Je ne sais simplement pas comment je vais m'en aller... En train ou sous forme de cendre. Désolé, je me tais... Je ne fait qu'apporter plus de souffrance... Je me tais, je ne veux plus faire de mal.
Qui raconte des choses horribles aujourd'hui car il a le coeur et l'âme corrompu par la douleur,
Et qui n'auras de toute façon plus d'internet dans quelques minutes
Ecrit par
Eleken
à
08:30
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Catégorie : divers, Mes textes
samedi 1 mars 2008
Désolation
Le monde qui m'entoure,
Ressemble à une tombe,
Celle de mon âme immonde,
Que tu juge sans retour.
Sans tribunal tu m'as damnée,
Sans crime je suis jugé,
Et seule la mort est en option,
Comme choix sans compassion.
Qu'est-ce qu'il y avait de mal dans ce que j'ai fait ?
C'est la violence et la mort que tu me réserve...
Si c'est là le seul cadeau que tu souhaites me laisser ? :'o(
Ecrit par
Eleken
à
19:09
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Catégorie : Poème
vendredi 29 février 2008
Citation du jour
"Si le prénom de Dieu, c'était Raymond...
J'aimerais bien m'appeler Raymond"
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Eleken
à
11:30
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Catégorie : Citation
samedi 23 février 2008
Infernal
Le feu, le bois brûle dans l'âtre, écoulant dans la pièce cette chaleur suffocante qui me prend la gorge. Qu'est-ce que je fais là, me suis-je demandais encore une fois ? Qu'est-ce que je suis venu chercher ici ? Il n'y a rien ici. Une moquette épaisse, d'un vert émeraude recouvre le sol. Des tentures descendent le long des murs à l'unisson des rideaux qui me masquent les fenêtres. Ils avaient dit que l'enfer n'était pas chaud. Alors pourquoi suis-je ici ? La peau irisée de souffrance, scarifiée d'horreur... Le meurtre... Voilà ce qui m’a conduit ici. Sa peau était devenue écarlate, cramoisie, presque noire, pendant que je cherchais vainement à relâcher mes doigts de son cou, pendant qu'elle cherchait désespérément à reprendre sa respiration. Pourquoi lutter ? Contre la pulsion ? Contre la haine ? Contre la mort ? Alors même que sa trachée venait de ceder sous la puissance de mes mains... Alors même que mon esprit disséquait mon acte avec la froideur d'un légiste... Ce regard mort... Ce regard éteint... Cette pièce... Elle est grande, peut-être quarante mètres carrés... Mais il n'y a aucune sortie... Chaque fois que j'essaye de balayer un rideau, va vue s'obscurcit et je m'en éloigne sans comprendre... Il y a une porte, mais la poignée n'offre aucune prise... Des sorties, des moyens de m'échapper de cet enfer... J'en suis entouré... Mais aucune n'est vrai... La seule chose qui soit vrai, c'est le feu... Ce feu que je respire, ce feu qui respire... Qui consume ma peau... Qui fait roussir mon corps... Combien de temps ? Depuis combien de temps suis-je dans cette pièce... Un été... Un printemps... Plus d'hiver... Un siècle... Mille... Je sais... Je ne sais pas... Ceci est ma prison... C'est là qu'est mon enfer... Cette pièce entre les murs de mon esprit, avec pour seule compagnie moi-même... Moi... Moi... Mon enfer... Ma prison... J'ai cessé de hurler il y a longtemps... J'ai oublié depuis combien de temps... Ici... Il n'y a ni jour, ni nuit... Seulement le crépitement du feu, la chaleur suffocante qui m'empêche de dormir... Et la peur comme seule amante... La peur que cela ne finisse jamais, que je sois vraiment condamné à l'enfer éternel...
Je redresse soudainement la tête... La poignée de la porte est en train de tourner... Je me précipite... Non ! Je retire tout ce que je viens de penser... Je ne veux pas savoir ce qu'il y a hors de cette pièce... Depuis trop longtemps je suis enfermé ici... Je ne veux pas... Je ne veux pas ! JE NE VEUX PAS !!! Mais irrémédiablement, sans qu'aucune force dont je dispose ne soit suffisante, le pommeau de la porte tourne entre mes doigts nimbés de sueur...
Et la porte s'ouvre... Et je hurle... Je hurle... Je hurle...
--- Eleken,
Un petit bout de texte pour passer le temps même si je suis vraiment dèche d’inspiration depuis quelques semaines (cerveau en congés ski probablement :op)
Et puis, moi j'aime pas les experts à Miami, sont moins bon que les autres,
Bordel pour une fois que je fais une soirée télé... Ben que de la merde et rien au ciné du coin (parce que les cinémas à Versailles, ça pu)
bon et ce texte sur les chats qu'a (à peine) avanvé, il devrait être finit dans les temps :o)
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Eleken
à
23:27
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Catégorie : Mes textes
mardi 19 février 2008
In utero
Je regarde par la fenêtre du train, chaque matin, et c'est le même paysage qui passe, les mêmes gens qui s'assoient, le même ciel que je vois. C'est une forme de ras-le-bol qui me prend ce matin aux trippes. Qu'est-ce que je fous là ! Qu'est-ce que je fais là ? Si ma vie se résume à prendre le train le matin, travailler toute la journée, prendre le train le soir, espérer le week-end, le voir passé, voir le travail revenir, attendre les vacances, les voir passer... A quoi ça sert ? Je n'attends plus rien de cette existence ? Pourquoi la vivre ? Conditionné ! Me crache mon esprit, je suis conditionné à ne pas me rebeller contre l'esclavage de mon esprit par un système que plus personne ne domine. Ce système qui nous montre un président, puis un autre, les définissants systématiquement coupables de la situation... Des hommes, des coupables, qui n'ont pas plus de pouvoir sur ce pouvoir entropique que moi-même. Le choix du collectif, le suicide collectif, voilà le choix de notre société, le reflet de mon âme, ce qui corrompt mon esprit... Demain, je partirais... Tous les jours je me dis que... Demain je partirais... Un monde meilleur, un autre temps, une autre chance... De changer... De vivre et de survivre, de corrompre et de revivre, de rompre et de sourire... Demain je partirais, car de cette vie, je n'ai plus l'envie.
--- Eleken,
regardant à travers la vitre sale d'un wagon de RER,
respirant l'air putride déjà respiré par 1000 autres personnes
Ecrit par
Eleken
à
09:17
4
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mardi 12 février 2008
Extrait 2 - Le massacre d'Albert Croyant
Cette histoire, nous nous la racontions en chuchotant, cacher dans l’angle de la cour d’école, pour que le maître ne nous voit pas. Nous étions un petit groupe d’enfant, pas vraiment des amis, mais nous venions tous du même village. Nous nous racontions l’histoire pour nous faire peur, mais je crois au fond de moi, qu’aucun de nous n’y croyais réellement. C’était une sorte de fantasme enfantin, un défit que d’en parler, que de l’approcher. Il ne se passait pas une récréation sans que nous ne nous lancions le défit, « cette nuit, j’irais à l’intérieur, demain je vous raconte ». Et le lendemain, celui ou celle qui avait eu le malheur d’en parler revenait vers nous, n’en parlait pas, n’aborder pas le sujet, jusqu’à ce que l’un ou l’autre de nous finisse par rompre le silence. « Alors tu y es allé ? raconte ». Et là, n’importe quelle excuse faisait office de réponse acceptable « non tu comprends, mon père hier m’a obligé à couper du bois avec lui toute la nuit » ou bien « j’y suis allé, mais juste avant que j’y rentre, le veux flic m’a vu et il m’a relâché que ce matin ». Toutes ces excuses, toutes invraisemblables, devant lesquelles nous hochions gravement la têtes car elles étaient toutes plus tangible que l’histoire d’Hervé. « Moi j’y suis allé cette nuit, j’ai été poursuivit par le zombie de Croyant en personne. Même qu’à un moment il m’a chopé l’épaule avec ses ongles griffus. » Et là de nous montrer une égratignure qu’il avait sur l’épaule en nous jurant que c’était la marque de Croyant. Hervé, le petit Hervé, gentil, mais menteur jusqu’au bout des ongles. Hervé, que nous avions charrié quelques années plus tard en lui rappelant cette histoire, en lui disant qu’on ne le croyait pas et qu’on savait bien que c’était un « mytho » et que s’il voulait vraiment prouver qu’il était pas une « tapette », fallait nous ramener un truc de la cave à Croyant. Excusez-moi si le vocabulaire que j’emploie ici, est un peu familier, mais je retranscris l’histoire telle que je me la rappelle. Et en ce temps où j’étais un enfant, il s’agissait de termes usuels et normaux pour des enfants. Hervé donc, qui disparût la semaine suivante… Chaque jour, il nous disait « j’vais y aller les mecs, c’te nuit ». Chaque jour on lui répondait « ouais bien sûr, on se retrouve devant la porte, pas de ‘blême ». Hervé qu’on a jamais retrouvé. Nous, on a pas tout de suite pensé à la baraque de vieux Croyant quand le lendemain Hervé était pas dans le car. On a pensé qu’il était malade, mais aucun de nous ne l’a ouverte avant la récrée. C’était une sorte d’accord tacite, Hervé était malade, on en a parlé vite fait et personne n’a parlé de l’éventualité qu’il soit allé dans la maison des Chats. Le soir venu, j’ai joué et j’ai plus pensé à Hervé, même si ma mère avait l’air préoccupé. « Non, ce soir tu as des devoirs, tu ne vas pas jouer dehors ». Le lendemain, ma mère m’a accompagné jusqu’au car. C’était la première fois depuis longtemps. J’avais un peu honte qu’elle m’accompagne comme ça, comme si j’étais un petit. J’avançais la tête basse quand j’ai vu les autres, avec leurs parents aussi pour la plupart. Tous avaient l’air inquiets. Ils ne voulaient pas parler, mais une fois dans le bus, on a tous su. On savait déjà tous quelques part de toute façon, mais nos peurs furent confirmées. Hervé avait disparu. Sa mère l’avait bordé et, le matin d’hier, il n’était plus dans son lit. Et depuis hier, la nouvelle s’était répandue dans la vallée comme une traînée de poudre. Un gamin avait été enlevé. Ce gamin, c’était mon voisin, normal que ma mère n’est pas voulu me lâcher d’une semelle depuis que j’étais revenu de l’école la veille. Nous, ce jour là, on a rien dit avec les autres, mais on pensait tous la même chose je crois. On pensait que c’était notre faute. Qu’Hervé, il avait voulu nous prouver qu’il n’était pas une « tapette », qu’il était parti dans la nuit pour la maison de Croyant… Et qu’il n’en était pas revenu. Mais comme un pacte intime, de ceux qui lient sans le dire des enfants de notre age, nous n’avons rien dit à nos parents… Jamais. Et Hervé n’est jamais reparu. On a jamais retrouvé son corps, il n’est jamais revenu. Des années plus tard, après que sa mère soit partie pour quelque endroit, fuir le souvenir de son fils, son père s’est tué en voiture en tombant dans le ravin. Il était devenu alcoolique après la disparition d’Hervé. Il n’attendait que ça, la mort ou le retour d’Hervé, même si pour cette deuxième hypothèse, il n’avait aucun espoir. Et cette histoire m’a hanté des années durant. Comment l’oublier ? Je passais près de cette maison chaque jour. Je faisais comme tout le monde, je faisais semblant de ne pas la voir. Et puis j’ai grandi, de l’école primaire je suis allé au collège puis au lycée. L’histoire était lointaine, un vieux souvenir d’enfance, une vieille crainte dont j’ai petit à petit perdu la netteté. Petit à petit, avec lui, j’ai perdu de vue tous ceux avec qui j’avais partagé ce secret. Les uns étaient partis, avaient déménagé, et les autres, comme eux entre eux, je ne leur parlais simplement plus. J’étais devenu très taciturne et solitaire après cette histoire sans m’en rendre compte. Les années ont depuis creusé mes traits, appuyé mes paupières. Il faut dire que cela fait bien dix ans que je n’ai pas dormi d’un sommeil profond. Car où que j’aille, voilà des années que dans mon sommeil, j’entends leurs miaulements et leurs griffes qui grattent le bois de ma porte.
Après le lycée, avec le bac, je suis partis à une centaine de kilomètre de la maison, pour faire mes études d’informatique. Je revenais environ un week-end sur trois. Quand je n’étais pas au village, je m’amusais, je profitais de l’existence, de mes nouveaux amis, des drogues, des fêtes, des femmes que je rencontrais. J’existais et je ne pensais à rien d’autre. Mais quand je rentrais à la maison, c’était toujours avec une crainte que je n’osais pas cerner. Comme si mon esprit bloquait de lui-même l’information qui lui faisait peur. Quand j’étais à la maison, je ne sortais pratiquement pas et surtout pas la nuit tombée. Ma mère s’en étonnée mais elle a toujours accepté mon excuse consistant à dire, et ce n’était pas faux, que je n’avais rien de mieux à faire en week-end que de me reposer et lire. Et puis il y a eu une nuit, différente des précédentes. Ma mère avait recueilli une chatte errante sept ans auparavant. À l’époque c’était encore une petite boule de poils tout juste sevrée et ma mère n’avait pas résisté à cette petite peluche grise tigrée. En seulement quelques minutes elle avait élu domicile dans notre cuisine où la « petite grise » et devenue rapidement notre touigi. C’est étrange comme un gamin qui ne fréquente plus aucun camarade depuis des années peut voir surgir en un animal une compagnie providentielle. Ainsi, cette chatte, je me suis mise à l’aimer et apprécier ça compagnie et quand j’ai quitté la maison pour suivre mon cursus, m’en séparer fut presque plus dur que de me séparer de ma mère. C’était pour ma mère que je revenais à la maison, vérifier qu’elle allait bien, qu’elle ne souffrait pas trop de la solitude. Mais c’est sans doute grâce à cette chatte que j’ai maintenu un rythme de visite fréquent. Touigi, Touigi qui venait se lover entre mes genoux quand je lisais dans mon lit sous le faible halo de lumière. Cette chatte, qui un soir, une nuit, gratta à la porte de manière furieuse. Cette chatte que j’ai poursuivi dans la nuit… Cette chatte que j’ai essayé d’empêcher de rentrer… Dans la vieille maison de Croyant…
Ecrit par
Eleken
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23:26
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Catégorie : Mes textes
samedi 9 février 2008
Cloverfield
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Eleken
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18:11
3
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vendredi 8 février 2008
Citation du jour
"J'ai dans la tête un morceau de cerveau,
Le reste est dans mon estomac"
blurp
Ecrit par
Eleken
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21:23
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Catégorie : Citation
jeudi 7 février 2008
Quelques news quand même
Bonsoir à tous le monde (ceux qui me croivent mort compris),
Je n'ai pas fait beaucoup de mise à jour ces derniers temps (contrairement à mes habitudes), mais je tiens à vous rassurer, cela tiens plus de surbooking ponctuel que d'une décision de laisser tomber mon blog (que nenni) et encore moins l'écriture (double que nenni). Je suis simplement en période d'examen, j'ai également un texte à terminer pour la fin du mois pour l'antho 4 de mon groupe d'écriture et je viens de terminer l'écriture de la v1 du Lac Rouge (18 mois de travail, 115 pages, applaudissement s'il vous plaît, et donc préparation de mon 1er recueil en cours cf. maquette couv si dessous :op). Donc voilà l'explication cqfd (comme dirait un ancien prof de math il y a bien longtemps). Alors bien sur, je vais probablement moins écrire sur mon blog dans les semaines/mois à venir, me recentrant sur des travaux plus ambitieux (Suite du Lac en gestation/description de la ligne de l'histoire, terminer mes 2 antho, recherche d'éditeur etc etc etc), mais je continurais à vous alimenter d'un texte,poème ou nouvelle environ une fois par semaine environ. Que ceux qui attendent l'épisode 6 de "nuit" se rassurent, il arrive, il arrive. J'aimerais respecter l'objectif d'une nouvelle par semaine, mais je me connais, il faut que je sois dans les conditions pour pondre un texte "bon" donc sans précipitation... Mais voilà, je suis vivant et j'écris toujours ;o) A très bientôt cher lectorat pour de nouvelles aventures.
Maquette de la couv de mon recueil de nouvelle number one à paraître (avant Mai j'espère :o))
Pas le temps de regarder la télé ou autre comme d'hab ;o)
Ecrit par
Eleken
à
23:29
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Catégorie : divers
jeudi 31 janvier 2008
Le marin
"Aux temps des tempêtes, les vagues creusent et montent, font de la navigation, un danger constant... Mais une navigation haletante, trépidante...
Le capitaine à la barre, même s'il sait être plus faible que la mer, ne s'en bat pas moins avec hargne et courage... Mais après la tempête, celle qui a réduit en morceaux son navire... Alors que le temps se calme et que la mer est d'huile, c'est avec la plus grande tristesse, qu'il voit, qu'il sent son navire doucement s'enfoncer, disparaître sous la surface... Il sait qu'il va mourir. Il sait que c'est sans espoir, qu'avec son navire, son coeur s'est brisé, et qu'il se laissera mourir avec lui. Il sait, qu'il voulait mourir de la tempête, la mort honorable et héroïque d'un homme qui a livré un combat sans peur contre Dieu."
Ecrit par
Eleken
à
13:07
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Catégorie : Citation
mercredi 30 janvier 2008
lundi 28 janvier 2008
Aux cendres de mes camarades
Aux cendres de mes camarades,
Tombés pour cette mascarade,
Au lendemain du crachin,
Coulant sur nos visages enfantin.
Il y avait dans le ciel un nuage,
Distillant sur nous son présage,
La guerre, doucement, approchait,
Laissant nos vies dans les tranchées.
Et chaque matin, je regardais,
Cette vie doucement me quitter,
Faisant de moi un animal,
Bien loin d'être un amiral.
Ô Patrie qui m'appelle,
Ce soir je chante en dentelle,
Cet hymne à la mort,
Là où je renie,
L'hymne à la vie,
Pour ces querelles de dirigeant,
Mourir à tord,
Finit l'appel de nos enfants.
Ce soir, le temps se couche mais pas les feux,
Qui brûlent la nuit, les corps hideux,
Des mutilés et des tombés,
Qui de la terre sont privés.
Demain, peut-être, sera mon tour,
De voyager vers les nuages,
Montant poussé, par le cri du four,
Et mon corps de cendre devenir présage,
Rejoindre les rangs écarlates,
Parmi les cendres de mes camarades.
Ecrit par
Eleken
à
09:01
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Catégorie : Poème
vendredi 25 janvier 2008
Cher journal...
Cher journal,
Qu'est-ce que j'aimerais un jour pouvoir commencer à écrire cette phrase, cette phrase sans l'indécence du lecteur qui, avidement, émiettera mon existence pour y trouver quelques détails croustillants... Il n'y en a pas, de détails croustillants. Ma vie s'écoule, chaque jour, plus monotone que le précédent. Je me lève, je m'habille, je viens au travail avec un sourire que j'espère partager... Ce matin, ce sourire est resté lettre morte, planté sur un piquet comme ma tête ahurie ne comprenant pas. C'est très simple, je me sens seul et je suis seul. Le soir, seul, je parle, à un mur, à un morceau de bois, à une porte, à mes mains, à mon écran. Ils ne me répondent pas, ils ne voient pas... Pourquoi est-ce que hier, devant ce film, qui n'était pas fait pour pleurer mais pour rire, j'ai pleuré ? Parce que j'ai besoin de vider la souffrance, parce que j'ai besoin de croire à autre chose, parce que j'ai besoin de vivre... Pourquoi est-ce que ce matin, devant l'écran, je pleure ? Pas pour m'humilier, pas pour humilier, pas pour faire culpabiliser, pas pour faire peur, pas pour prier, pas pour demander, pas pour rien. Je pleure, parce que ce matin, plus qu'un autre ces derniers jours, j'avais besoin d'un sourire à partager, un simple sourire, de ceux qui me rappellent que dans le noir, même s'il n'y a plus de lumière, je ne suis pas seul, je ne meurs pas seul. Mais je suis seul, parce que, même s'ils sont là à m'entourer, ils ne sont pas là, même s'ils pourraient être là, je ne les appellent pas. Les autres, ils ont autre chose à faire que de supporter les gémissements d'un animal blessé qui meure, les autres, je ne leur demande pas de m'aider à mourir, les autres. Je suis seul, et finalement, c'est une chose qui ne change pas vraiment avec le temps. J'aime à croire que je n'ai besoin de personne, que parce que je n'ai pas eu la chance de connaître autre chose que la peur venant des autres, j'aime à vivre seul. C'est vrai, j'aime la solitude et j'aime la peur que me procure les autres... En même temps que je déteste. Déchiré entre deux pensées, deux envies, être proche... Et ne pas l'être.
Et voilà, encore une fois, mes paroles dépassent mon esprit, corrompent mes pensées. Je veux juste dire que je ne me sens pas bien, pas bien du tout. Il n'y a pas de bourreau, personne à blâmer, juste moi. Je me sens comme un insecte, misérable créature, rampant dans la monotonie, ne sachant et ne cherchant plus à la briser. Me laissant couler, aller, vers cette mort qui un jour me cueillera. Je me retournerais sur mes 70 ans de vie et je ne sourirais pas, car Non, je n'aurais rien accompli de ma vie qui mérite d'être écrit.
Ecrit par
Eleken
à
09:02
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Catégorie : divers
dimanche 20 janvier 2008
Nuits épisode 5
L’homme regardait la glace sans voir son reflet. Il se demandait, pourquoi il avait fait ça ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ce jour-là, devant son miroir, il n’avait plus supporté d’y voir son image. Pourquoi est-ce qu’il avait pris cette lame, pourquoi ? Il se rappelle bien la haine qui l’habitait, la colère qui pulsait dans ses veines. Pourquoi ? Il ne supportait plus, il ne vivait plus, il ne pensait plus. La vie lui était devenue intolérable, infâme, inénarrable. Il lui fallait sortir de là, quitter cet état, supprimer sa souffrance. Alors ce jour-là, devant son miroir où il ne voyait plus son reflet, il a pris la lame à sa droite, et lentement, s’est entaillé le poignet gauche, tremblant sous la douleur, tremblant sous la souffrance, tremblant sous les larmes. Puis, il avait marché jusqu’au sofa, répandant son sang sur le sol du salon, imbibant la pièce de cette odeur cuivrée qui caractérise si bien notre sang. Il s’était effondré là, assis… Attendant… Réfléchissant… Et ce sang qui coulait, ce sang qui roulait sur son bras… À l’extérieur, elle tombe, la nuit, venue ce soir, le prendre. L’homme ne bougeait plus, ses yeux pâles fixant son sang qui s’écoulait, à mesure que son espoir s’étiolait. Il s’endormit… Pour toujours.
Si j’avais survécu… Si j’étais vivante, si le temps coule encore dans mes veines… Le noir, l’obscurité, le néant, nulle part m’entourent de leurs volutes insondables. Mais moi, mais je, mais toi, mais vous, mais qui ? Je ! Un bruissement, un froid, un vent, un choc. Je sens la pierre entailler mes côtes. Je roule sur mes côtes. Je roule sur le lit de la rivière. Ma tête émerge de l’obscurité, explose de douleur au contact de l’air gelé de l’hiver, sortant de l’eau glaciale de la nuit… Elle tangue, cherche l’air, respire… S’échoue… Je respire… Je vis. Mes doigts s’enfoncent dans la terre meuble de la berge. Aveugle, à bout de force, je traîne mon corps impuissant, je l’entraîne hors de cette eau glaciale qui dévore encore mes jambes. Je suffoque, j’essaye de respirer, mais je suis trop faible. Ma poitrine est écrasée par le poids de mon propre corps… J’ai du mal… À respirer… À nouveau, je sombre, pas dans le courant glacial de cette rivière, mais dans le courant invincible de l’épuisement… J’essaye sans y arriver à bouger encore mes bras, mes jambes… Je n’y arrive pas… Mon corps est à nouveau lointain… Il n’est plus à moi… Je m’enfonce… Je m’enfonce… Dans la nuit.
Et puis, l’obscurité saisit l’homme. Il y glissa, de plus en plus vite, sans pouvoir s’accrocher encore à la vie… Tendrement, il sombra dans l’éternité, dans le néant, dans le noir, dans l’inconscience, dans la paix… Puis ce fut le flash, la lumière brûlante, l’explosion de douleur, les vapeurs soufrées lui suffoquèrent les poumons, les cris des suppliciés, les flammes de l’enfer qui léchèrent sont corps… Il refusa d’ouvrir les yeux, non il ne le voulu pas, il ne devait pas…. À travers ses paupières closent, il sentit la multitude, les mains qui griffèrent son corps, qui lacérèrent sa peau. Il ne pouvait pas bouger, il ne pouvait pas s’enfuir… Il garda les paupières aussi serrées qu’il le put, il n’osa affronter l’enfer du dehors, les grognements et râle monstrueux qui l’entouraient le terrifiaient. Plus encore, quand le silence se fit, plus encore quand la voix caverneuse de leur chef s’éleva dans l’espace, remplissant le temps et l’espace, les remplissant d’un timbre sans compassion, sans humanité… « Je crois qu’il est sauvé ».
L’homme émergea, à bout de souffle, de la forêt. La rivière est là, là où il espérait la trouver. Il parcourt des yeux son lit sinueux. Il la cherche. Il sait, qu’elle est quelque part par là, ici, elle doit y être, il ne peut en être autrement. Il doit la sauver des autres, c’est sa mission, il le sait. Du jour où il s’est réveillé, du jour où tout pour lui à changer, où les cauchemars ont commencé, il savait… Il savait que ce soir, il serait là, la cherchant, pour la sauver. Il regarda le ciel, il avait déjà commencé à pâlir, il avait déjà commencé à chasser les étoiles… Le temps était trop précieux, il avait perdu trop de temps à trouver son chemin dans la forêt dense. Il devait la ramener, la protéger du soleil, la sauver… Avant cela, il devait la trouver. Il remonta le cours d’eau. Et s’il s’était trompé, et s’il avait fallu descendre… Non, il ne devait pas penser à cela. Il devait… Il la trouva. Allonger dans la boue, les jambes encore dans l’eau, son flanc déchiqueté, saignant encore un peu. Vivait-elle encore ? Il n’avait pas le temps de ses poser la question, ce n’était pas le moment de se la poser… Il devait la sauver, la ramener, elle était vivante. Il passa les bras sous son corps et la souleva. Elle lui parut incroyablement légère et frêle. Il ramena sa tête contre son torse… La regarda… Parcourut son corps de son regard pâle… Visage d’ange aux couleurs bleutées du froid. Il devait se hâter. Elle était à peine vivante… Il devait la sauver… Aussi vite qu’il le pu, luttant contre le temps, contre le soleil et la fatigue, la douleur qui ankylosait ses bras, il se mit à courir… Il devait la sauver… C’était sa mission…
--- Eleken,
Un épisode qui aura mis le temps de venir, mais un épisode qui aura été précédé de la réflexion, du temps de définir avec exactitude le plan de ce récit... Et donc, des épisodes futurs plus simple à écrire ;o). Maintenant je crois que je vais sortir, je n'ai pas encore mis un pieds dehors.
Comme ça fait longtemps, voici les liens vers les épisodes précédant pour ceux et celles qui prendrait en cours de route :
- épisode 1
- épisode 2
- épisode 3
- épisode 4
Ecrit par
Eleken
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16:51
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Catégorie : Mes textes, Nouvelles
Je ne donne pas de titre à ce que je ne publierais probablement pas...
Je ne sais pas quoi écrire, mais je sais que j'en ai besoin... Plus besoin que tout en fait. Écrire, dans ce lieu, sur cette page... Le seul endroit où je sois encore libre... Le seul endroit, où je peux me retourner, seul sur moi-même, explorant mon âme, disséquant mon existence. Acte puérile et égocentrique... Mais j'ai besoin d'écrire. Ce soir, oui ce soir. J'ai mal. La plaie, trop fraîche, trop récente, trop ancrée en moi... Comment ? Pourquoi ? Je me l'interdit. Pas même une pensée... Je dois aller de l'avant, survivre à ma folie... Laisser les êtres à leur existence. Arrêter de bouleverser leur monde. Qu'ai-je fait ? Qu'ai-je fait... Je me tue, chaque seconde de vivre... Rien, personne, nul, abominable... Qui suis-je parmi la masse... A peu près ça... Trois petits points d'une vie qui m'essouffle. Oh, pourquoi de si grand mots ? Bah... J'aime me plaindre, l'hyperbole, la parabole... Le message, ce message même que je m'interdis de fournir, de faire parvenir... Tout ça m'a fait trop de mal, m'a trop détruit, ma trop massacré... Je ne sais même pas encore, aujourd'hui, si demain, ne sera pas le dernier de mon existence. Chaque jour, je me regarde dans le miroir, et je pleure de colère devant ce reflet insipide... Chaque jour, j'ai envie de griffé mon visage... Lacérer mes pensées... Pour aller de l'avant.... Pour aller de l'oubli... Pour, peut-être, vivre... Je ne peux plus vivre la situation qui était... Personne ne peux la vivre, et je ne suis pas au-dessus de personne... Je me croyais à nouveau fort, maître de mes pensées, maître de mon temps, maître de mes actes... Ils semblent que ces larmes que j'ai versé, qui se sont taries à mesure que j'écrivais, montre le contraire... Convalescent... Ou mourant ? Le temps rôde, mon esprit s'érode, comme la pierre sous les intempéries... Je vais employer un mot, une phrase, simple et direct : "J'ai envie de crever", tout simplement parce que la mort est plus simple à affronter qu'un regard, le néant est plus simple à goûter d'un murmure... Je n'écris pas ça pour faire peur... Mais me soulager de la douleur, cette douleur, qui inlassablement me noie depuis des semaines, des mois. J'en ai besoin. Je ne veux pas faire le mal, il y a là beaucoup de phrases exagérées, romancées, amplifiées, mensongères... Je ne peux plus... Affronter. Ce soir, j'ai perdu toute ma belle ambition à construire... Je n'ai que l'envie de détruire... Faire mal... Me faire... Non, je n'en ferais pas... Je vais aller me coucher, dormir... Essayer... Ne pas rêver... Ne pas cauchemarder... Ne pas mourir... Ne pas vivre... Laisser le temps s'écouler, sans arrêter de respirer... Et espérer que demain... Que demain, Dieu aura touché ma vie du bout des doigts, pour m'aider à m'en sortir... Car je ne vois pas comment, par moi-même, j'arriverai à trouver une solution. Voilà, j'ai dit, sans penser, j'ai parler, sans dire... Tout mot dit est une erreur. Toutes phrases est interdites... C'est mon destin, avancer dans la douleur. J'hésite à publier ces mots... Ils sont horribles, méchants, détruits... Ils coulent de mes doigts comme le sang de mon âme... Je ne crois pas en l'avenir... Ni en le présent... Ni en le passé... Ni en l'Homme.... Ni en Dieu... Mais je vais publier ces mots... Ne serais-ce que pour dire que je suis vivant et que non, ce soir encore, je ne répandrais pas mon sang sur le sol. Trop lâche pour abandonner la vie ou trop courageux pour abandonner face à la vie ?
J'en sais rien... Je ne sais rien... Je n'ai jamais rien su... Et je sais, que je ne saurais jamais...
Bonne nuit quand même...
Ecrit par
Eleken
à
01:12
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Catégorie : Mes textes
mardi 8 janvier 2008
Extrait du Lac Rouge - Pour montrer que quand même je bosse :oP
À cet instant, le téléphone sonne. Aude décroche, c’est le Docteur Haloyek, chirurgien du petit hôpital de la ville, qui a pratiqué l’autopsie. Il m’appelle comme convenu pour me faire partager les résultats préliminaires pour l’enquête ouverte. Aude le remercie de l’appeler, puis le docteur commence à parler. Il semble stressé.
"Écoutez, j’ai terminé l’autopsie préliminaire et même si je n’ai pas encore les retours sur la toxicologie, j’ai déjà pu mettre en lumière certaines incohérences évidentes. Tout d’abord, les blessures multiples qui recouvrent le corps, les membres arrachés. Il n’y a pas la moindre trace de coup dû à un objet. C’est comme si pour lui sectionner la jambe, l’agresseur avait simplement tordu le membre et l’avait arraché. Il n’y a pas d’autre blessure, pas le moindre coup de couteau ou impact de balle…
- Il est mort de cela ? demande Aude.
- Non, ce n’est pas la cause de la mort. Ça au moins, ce fut assez simple à découvrir, son sang est cyanosé, il est mort par étouffement.
- Son agresseur l’a étranglé avant de le réduire en morceaux ? ça explique pourquoi les voisins n’ont pas signalé le moindre hurlement hier soir à l’heure de l’agression…
- Non, il n’a pas été étranglé, j’ai relevé de grande quantité d’eau dans ses poumons. Cet homme est mort noyé. Et c’est précisément de cela dont je voulais vous parler.
Aude acquiesce au téléphone et lui demande de continuer.
- Et bien, voyez-vous, j’ai étudié quelques secondes au microscope l’eau relevée dans les poumons. Je m’attendais à y trouver des traces de savon et de chlore… L’eau du lavabo dans lequel il était en somme. Mais ce n’est pas du tout ce que j’y ai trouvé. Cette eau est chargée de micro-organismes, d’algues et d’impuretés.
- Ce qui veut dire ?
- Que ce n’est pas de l’eau du robinet…
- Et ce serait de l’eau d’où ?
- Je pense, mais les analyses nous le diront si je me trompe, qu’il faut aller chercher sa provenance à proximité de la maison, vous comprenez ce que je veux dire.
- Je comprends oui", répondit Aude, soudain rêveuse… Vous voulez parler du Lac.
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Eleken
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00:48
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Catégorie : Mes textes
mardi 1 janvier 2008
Bonne année 2008 :o)
Ecrit par
Eleken
à
16:30
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Catégorie : Dessins


